Cyrlight DémoniMembre Ultime
· 16/4/2019 à 01:15 · Hors ligne · #1541
Jamais, j’en ai peur ^^’
Spoil :
Eh bien, à partir du moment où il se l’inflige, la douleur est artificielle. Ce n’est pas comme quand tu tombes et que tu te blesses au genou, ce qui serait une douleur naturelle. Partant du principe qu’il se blesse, il s’inflige volontairement une douleur, ce qui est différent de la subir. Graduellement, je dirais que je comprends tout ce qu’il reproche à la société, qu’il repousse Lenina parce qu’elle a été conditionné à prendre les hommes et à se donner, qu’il refuse le soma... Mais là, on est un cran au-dessus, puisqu’en plus de ça, il se fait volontairement du mal. Je n’ai plus le livre tout frais en tête, mais je crois que c’est pour pleurer sa mère et chasser les pensées impures ayant trait à Lenina. Il pourrait se contenter d’être lui-même (s’il ne ressent pas de tristesse pour sa mère, pourquoi s’en infliger ? Et s’il fantasme sur Lenina, pourquoi se punir pour cela alors qu’il s’est déjà abstenu de passer à l’acte ?)
Du reste, je n’ai pas dit que c’était contradictoire, mais qu’on était dans l’excès inverse, c’est-à-dire que j’y vois plutôt le pendant de la société qu’il rejette. J’aime bien parler par images pour illustrer mes propos, donc je fais essayer de les expliquer comme ça : en gros, c’est comme reprocher aux gens de rouler à 150 km/h sur une route limitée à 90 (ou plutôt 80) et de son côté, se mettre à rouler à 20 à l’heure.
Il exècre le conditionnement, mais se conditionne un peu à sa manière, en associant la douleur du fouet au désir qu’il éprouve pour Lenina. J’ai d’ailleurs trouvé que ça faisait écho au début du livre, quand on envoie des décharges électriques aux enfants pour qu’ils détestent les fleurs et je ne sais plus quoi d’autre, donc je dirais que mon avis s’appuie vraiment sur cette idée de « miroir » ou de parallèle dans l’œuvre, un procédé qui m’est du reste assez familier, puisque je l’ai moi-même utilisé à plusieurs reprises en tant qu’auteur. (Bon, on pourrait me reprocher que ça me soit justement trop familier, ce qui m’inciterait à le voir partout, même quand ce n’est pas l’intention initiale).
Enfin, je dirais que ton interprétation n’est finalement pas en totale inéquation avec la mienne. Pour preuve, je suis d’accord avec ce que tu avances concernant le fait que le Sauvage ait été une victime. J’approuve totalement sa volonté d’isolement, ayant également une propension à me tenir à l’écart de la société, mais c’est la flagellation que je trouve vraiment de trop. Son besoin de solitude est à mes yeux le juste milieu que j’évoque dans ma critique (ou le 90 km/h susmentionné), alors que le châtiment me semble être une réaction beaucoup plus extrême.
Du reste, je n’ai pas dit que c’était contradictoire, mais qu’on était dans l’excès inverse, c’est-à-dire que j’y vois plutôt le pendant de la société qu’il rejette. J’aime bien parler par images pour illustrer mes propos, donc je fais essayer de les expliquer comme ça : en gros, c’est comme reprocher aux gens de rouler à 150 km/h sur une route limitée à 90 (ou plutôt 80) et de son côté, se mettre à rouler à 20 à l’heure.
Il exècre le conditionnement, mais se conditionne un peu à sa manière, en associant la douleur du fouet au désir qu’il éprouve pour Lenina. J’ai d’ailleurs trouvé que ça faisait écho au début du livre, quand on envoie des décharges électriques aux enfants pour qu’ils détestent les fleurs et je ne sais plus quoi d’autre, donc je dirais que mon avis s’appuie vraiment sur cette idée de « miroir » ou de parallèle dans l’œuvre, un procédé qui m’est du reste assez familier, puisque je l’ai moi-même utilisé à plusieurs reprises en tant qu’auteur. (Bon, on pourrait me reprocher que ça me soit justement trop familier, ce qui m’inciterait à le voir partout, même quand ce n’est pas l’intention initiale).
Enfin, je dirais que ton interprétation n’est finalement pas en totale inéquation avec la mienne. Pour preuve, je suis d’accord avec ce que tu avances concernant le fait que le Sauvage ait été une victime. J’approuve totalement sa volonté d’isolement, ayant également une propension à me tenir à l’écart de la société, mais c’est la flagellation que je trouve vraiment de trop. Son besoin de solitude est à mes yeux le juste milieu que j’évoque dans ma critique (ou le 90 km/h susmentionné), alors que le châtiment me semble être une réaction beaucoup plus extrême.
Un des cas est physique et réel, l'autre non ; il me semble dangereux de les assimiler sans plus de précaution, tant dans un souci de fond évident que dans un souci de clarté (avoir commencé par ce "bonheur artificiel" pousse surtout à ce que 4 pavés plus loin vous soyez encore à débattre si la douleur de John l'est aussi).