Message édité le 22/1/2007 à 23:45.
Toute sa vie, il a lutté. D'abord contre l'occupant nazi, puis contre la misère et les injustices.
Né Henri Grouès le 5 août 1912 à Lyon, cinquième d'une famille bourgeoise de huit enfants, il entre chez les Capucins à 19 ans après avoir distribué ce qu'il possède à des oeuvres de charité. Ordonné prêtre en août 1938, il quitte le clergé régulier pour le clergé séculier et devient vicaire à Grenoble l'année suivante.
Mobilisé comme sous-officier dans les Alpes et en Alsace, il est atteint de pleurésie. Au moment de la défaite contre les Nazis en mai 1940, il est à l'hàpital.
De retour dans l'Isère, il rejoint la Résistance au cours de l'été 1942, crée des maquis qui deviendront une partie de «l'armée du Vercors» et fait passer des évadés et des juifs en Suisse. C'est là qu'il prend son nom de guerre, abbé Pierre. Il diffuse aussi des journaux de la presse clandestine. Arrêté en mai 1944 par l'armée allemande, il s'évade, passe en Espagne et rallie Alger en juin, où il rencontrera le général de Gaulle.
Il se lance par la suite dans la politique sous les couleurs du MRP (Mouvement républicain populaire, démocrate-chrétien), qu'il quittera ultérieurement. Il est député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951.
En 1949, il accueille dans la maison délabrée qu'il restaure à Neuilly-Plaisance, dans la banlieue est de Paris, un homme désespéré, Georges. Le lieu devient une auberge de jeunesse internationale baptisée «Emmaus». Commence le combat contre l'exclusion.
Les premières communautés de Chiffonniers Bâtisseurs d'Emmaus naissent sur le principe «donne-moi ton aide, pour aider les autres». Elles regroupent des déshérités qui se mettent, par leur travail de récupération, au service de plus déshérités. «Emmaus est devenu une récupération d'hommes à l'occasion de récupération de choses», définit l'abbé Pierre.
Les communautés essaiment rapidement. On en compte aujourd'hui 161 en France, 421 groupes répartis dans 41 pays sur quatre continents (Europe, Amérique, Afrique, Asie). Hiver 1954. Une fillette meurt de froid dans un bidonville de Neuilly-Plaisance. L'abbé Pierre invite aux obsèques le ministre du Logement de l'époque, qui s'y rend. Aux premières heures du 1er février, une sexagénaire expulsée de son appartement décède d'hypothermie sur le trottoir du boulevard Sébastopol à Paris. Très vite, le religieux lance son célèbre appel. «Mes amis, au secours», supplie-t-il sur Radio Luxembourg, déclenchant une vague de solidarité extraordinaire.
Des gens de toutes les conditions sociales donnent argent, couvertures et nourriture pour permettre à l'abbé Pierre et à ses compagnons d'Emmaus de mettre en place des hébergements d'urgence. Dans la foulée, le Parlement adopte à l'unanimité dix milliards de francs de crédits pour réaliser immédiatement 12 000 logements d'urgence à travers toute la France pour les plus défavorisés.
Des épisodes narrés dans le film Hiver 54, sorti en France en 1989.
Malgré une santé fragile, l'abbé Pierre multiplie les voyages - il échappe à un naufrage en 1963 dans le Rio de La Plata en Uruguay - et se fait partout la «voix des sans-voix».
Pour les «nouveaux pauvres» du début des années 80, Emmaus organise des distributions de soupes de nuit et met sur pied en 1984, avec le Secours catholique et l'Armée du Salut, la Banque alimentaire. En cette période de chàmage croissant, l'action en faveur des sans-logis de renforce. La Fondation Abbé Pierre est créée en 1988 pour le logement des défavorisés.
En 1989, année du bicentenaire de la Révolution française, l'abbé Pierre propose de changer les paroles de La Marseillaise, afin que l'on «n'évoque la guerre que contre les cinq misères des sans-pain, sans-toit, sans-travail, sans-école et sans-soins».
Dans les années 1990, il milite pour les droits des immigrés -régularisation des sans-papiers et logement. Lors de la Pentecàte de 1991, il jeûne aux càtés des «déboutés du droit d'asile» à l'église Saint-Joseph à Paris. L'été suivant, toujours dans la capitale, il soutient des familles de squatters du quai de la Gare.
Au printemps 1996, l'abbé Pierre fait scandale en apportant son appui à son ami Roger Garaudy qui publie un ouvrage négationniste, Les mythes fondateurs de la politique israélienne.
Mais les Français retiennent surtout les engagements généreux du prêtre catholique. À 17 reprises, de 1988 à 2003, il figure en tête du palmarès Ifop-Journal du dimanche des 50 «Français préférés des Français». Si bien qu'il a demandé à ce que son nom ne soit plus proposé aux personnes interrogées pour «laisser la place aux jeunes».
Le 1er février 2004, il participe sur l'esplanade du Trocadéro à Paris, aux 50 ans de l'appel de l'hiver 1954. Le même jour, en marge de cette cérémonie officielle, il n'hésite pas à se rendre auprès de familles emmenées par l'association Droit au logement et qui ont planté des tentes à quelques centaines de mètres du ministère du Logement, sur l'Esplanade des Invalides.
En octobre 2005, l'abbé Pierre publie un livre-confessions (Mon Dieu... pourquoi?, Plon) dans lequel il se livre sans tabou et reconnaît notamment avoir «cédé» à la force du désir «de manière passagère» et avoir «connu l'expérience du désir sexuel et de sa très rare satisfaction». Il prend également des positions peu orthodoxes sur le célibat des prêtres, l'ordination des femmes et les couples homosexuels.
À la fin de l'été 2006, l'abbé Pierre avait écrit au président de la République Jacques Chirac pour réclamer des solutions pour les expulsés de Cachan (Val-de-Marne) installés dans un gymnase.
Mais, depuis plusieurs mois, il n'acceptait plus de «sollicitations publiques», en raison de sa fatigue, selon son entourage. Ainsi, il n'a pas fait entendre sa voix durant le mouvement des Enfants de Don Quichotte «mais s'en inquiétait, et a voulu être tenu au courant de l'évolution de la situation», avait confié le directeur général de la Fondation abbé Pierre Patrick Doutreligne.
L'abbé Pierre avait été fait officier de la Légion d'honneur en 1981, au titre des droits de l'Homme, puis commandeur en 1987 pour son action dans le domaine du logement. En 2001, il s'est vu remettre les insignes de grand officier de la Légion d'honneur. Lors d'un récent repos en Suisse, il confiait souhaiter que sur sa tombe soit gravée l'inscription: «Il a essayé d'aimer». »
Que pensez vous de la mort de ce personnage, qui restera à jamais dans mon coeur, comme un véritable drriok. Ca n'empêche pas de parler des SDF qui grâce aux enfants de don quichotte, ont mis un peu d'actualité, sur les plus démunis, alors bon ça mérite réflexion...
), évite ce genre de commentaires tout à fait déplacé, et traduisant un certain manque de respect...
)