En ce qui concerne la nourriture, je n'ai pas de source précise sous la main mais il me semble que de nombreuses études ont montré (ça doit pouvoir se retrouver assez facilement, faudra que je cherche à l'occasion) que la part du budget des français consacré à l'alimentaire est en regression de façon régulière depuis un moment, et c'est assez "logique", dans la mesure où c'est l'évolution du niveau de vie qui veut ça (chacun espère pouvoir gagner assez pour pouvoir profiter un peu de ses loisirs, pas seulement pour manger comme on le faisait jusqu'au début du siècle dernier)
Par ailleurs, quand on y pense il y a sans doute une part de plus en plus grande du budget qui est captée de façon récurrente par nombre d'abonnements divers : une famille moyenne de 2 adultes et 2 adolescents peut aujourd'hui se retrouver avec 3 ou 4 forfaits portables, ce qui même en prenant des bas forfaits (certes, il y a aussi les cartes prépayées, mais ça ne dure qu'un temps) peut vite monter à 100 €/mois, auxquels il faut peut-être rajouter gentiment pour beaucoup un forfait ADSL (30 €), et peut-être si tout va bien pour eux un forfait soit Canal + soit de télé par satellite (et re-30 €), soit autant de choses qu'on ne payait pas (Canal mis à part pour certains, disons) il y a ne serait-ce que 10 ans par exemple...
On y ajoute l'augmentation des loyers, et ça fait beaucoup de "prélevé d'office" sur une paye durant un mois, la réelle marge de manoeuvre a arbitrer se situant sur ce qui reste
Mais pour le reste, plutôt d'accord avec Prosperine, l'augmentation du coût de la vie ne se limite pas à l'alimentaire, outre les loyers que je citais, l'essence ayant nettement augmenter ce qui peut peser un peu dans le budget de ceux qui ne peuvent aller travailler qu'en voiture... d'où peut-être le trafic autoroutier en baisse dont on lui a parlé, on doit plus réfléchir afin de faire des grands trajets
(ça peut avoir des conséquences positives, en limitant la vente des véhicules gourmands et donc très polluants par exemple, m'enfin bref)
Sans parler du fait que ceux qui se plaignent réellement du pouvoir d'achat et ont de bonnes raisons de le faire alors qu'ils font des efforts (pas ceux qui ne sont plus aussi aisés qu'avant, ce qui est très embêtant aussi et mérite aussi de ne pas être ravi, mais est moins "dramatique" que la situation de ceux dont on parle) ne sont généralement pas ceux qui achètent (ou plutôt dont les enfants frimeurs achètent) des Diesel à 180 € (perso c'est un truc qui me sidère de mettre plus de 1000 balles, pour faire mon vieux, dans un vêtement, m'enfin chacun ses gouts et ses priorités), sauf à avoir un souci majeur dans l'ordre de ses priorités...
Pour ce qui est de la cohabitation en elle-même, la situation français était en effet meilleure, du fait notamment d'un contexte économique global bien plus favorable comme tu le dis, mais le chomage en dessous de 5 % ça me parait hautement fumeux, le nombre de chomeurs était malgré tout plus important qu'aujourd'hui (cf chiffres officiels :
[Lien externe] ), même s'il y semble y avoir nombre d'artifices d'exclusion en ce moment et qu'on bénéficie de toute façon tout simplement du début du "papy-boom" et des départs en retraite qui vont réduire le nombre d'actifs et mécaniquement baisser le chomage (après le gouvernement de l'époque avait aussi ses propres "trucs" pour supprimer les chomeurs, comme les emplois-jeunes par exemple)
Si j'avais un truc à reprocher au gouvernement de l'époque, ce serait plutôt le fait de ne pas avoir su malgré une conjoncture globale très favorable à l'époque (on se payait gentiment 3% de croissance) arriver à mettre à 0 le déficit public sur la période... Le déficit était bien moindre qu'au jour d'aujourd'hui, mais on n'y était pas encore au 0, et on a préféré commencer à donner dans le "clientéliste" en 2001 quand ça a commencé à flancher -forcément-
Parce que si on n'arrive pas sur les périodes très favorables à ne serait-ce que mettre le déficit à 0 et qu'on continue donc à créer de la dette, comment on peut espérer s'en sortir et réussir à rembourser ce que l'on doit ?
Et ça, c'est pas un problème nouveau, malheureusement, j'ai bien l'impression que ça fait 25 ou 30 ans que ça dure, droite et gauche confondues, et ça ne semble pas prêt de s'améliorer réellement
Parce que le vrai problème, c'est qu'un mec qui s'attaquerait à bras le corps à ce truc, faudrait qu'il croit vraiment à sa mission de "je souhaite représenter le service public" et qu'il n'ait pas peur d'être impopulaire, parce que ça sera vachement mal ressenti au début comme manière de faire -non remplacements départs en retraite, non baisse des impots, et j'en passe-, mais ça risque d'être le seul moyen à un moment... En gros, le mec finirait au bout de 5 ans rétamé grave aux élections, au plus bas dans les sondages, mais en laissant un pays assaini à son successeur (qui pourra faire le mariole et tout dilapider comme un débile ensuite, mais sera lui apprécié de tous), un héros martyr, quoi, mon idole
Mais j'ai bizarrement pas l'impression que ça tente grand monde, comme destin (c'est un ressenti personnel, mais j'ai bien l'impression que le seul sur les dernières années qui a essayé de s'y atteler, c'est Juppé en 1995, et on sait ce qu'il a pris dans les dents à l'époque niveau grèves généralisées...)
M'enfin bref, plus globalement, bien d'accord avec l'inutilité de dire "si untel avait été président", c'est forcément biaisé et chacun le ressent comme il le veut vu qu'on a aucune preuve de ce qu'il se serait passé, et ça ne fait absolument pas avancer le shmilblick...